Présentation du Blog : La santé des personnes sans chez soi

Ce blog à pour objectif de permettre une  large participation  au débat sur la question de la santé des personnes sans chez soi.

Il est demandé aux personnes le pouvant d’aider les personnes sans chez soi ou ex-sans chez soi à venir sur ce blog donner leur avis.

Leur avis compte plus car il est le plus difficile à obtenir.

Aider les à avoir accès au débat public c’est leur permettre d’être moins exclus .

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Nous devons rendre notre rapport dernier trimestre 2009.

Parcourez les différentes pages de ce blog. A chaque fois que vous cliquer sur le mot commentaire vous aurez la possibilité de nous envoyé un mail et nous pourrons intégrer vos avis, remarques et critiques.

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Témoignages et prise de paroles des personnes sans chez soi

Nous avons souhaité recueillir les témoignages directe des personnes en situation de “sans chez soi” en faisant appel à différentes associations dans différentes villes.

Pour aider les personnes qui seraient amenées à recueillir les propos des personnes qui souhaitent s’exprimer, nous avons proposé un document qui permet d’avoir une trame si besoin que vous pouvez consulter: note_demande_temoignage-doc-officiel15 :

Voici un premier témoignage recueilli dans un Centre d’Accueil  de Soin et d’Orientation de Médecins du Monde à Marseille. Le témoignage a été anonymisé.

 

 

 

TEMOIGNAGE

 

Propos recueilli auprès de Monsieur A.  (né dans les années 70, de nationalité d’Afrique sub saharienne) par Ghislaine Boyer le premier juillet 2009, 0 Marseille, CASO de Médecins du Monde.

 

 

1/ Je dors dans la rue depuis plusieurs années, je suis arrivé en France le ../../1991 exactement.

Je suis venu à Médecins du Monde car j’ai mal à ma main gauche, j’ai une entaille des doigts à la main gauche après m’être coupé avec une bouteille de verre.

 

Mon ami qui dort à côté de moi a appelé les pompiers, parce que moi, j’étais complètement  dans les vapes, j’étais saoul (…)

 

Alors les pompiers m’ont conduit à l’hôpital Nord (grand hôpital public situé dans les quartiers pauvres de la ville). Là, j’ai attendu, putain, c’était long. En plus, l’infirmier ne m’a même pas regardé. J’ai été infirmier dans l’armée alors je sais de quoi je parle. J’ai attendu et puis finalement au bout d’une heure les pompiers m’ont conduit à l’hôpital Desbief (Hôpital situé à coté des deux grands foyers marseillais pour les personnes sans abri). Et là, j’ai encore attendu, alors j’en ai eu marre et je me suis barré. (…)

 

 

Je suis venu à Médecins du Monde ce matin pour me faire soigner, parce qu’ici ce n’est pas pareil, on me parle et on me soigne sans me poser de questions.

 

2/ Je dors dans la rue, je ne dors même plus à La Madrague (Unité d’Hébergement d’Urgence, Deuxième plus grand foyer d’accueil d’urgence de France, avec plus de 300 places, situés dans les quartiers Nord de Marseille, sous une bretelle d’autoroute). Je suis alcoolique et je sais bien que c’est foutu maintenant pour faire une cure. J’ai des potes qui l’ont fait et ça n’a pas marché.

Je sais qu’avec mon AME (Aide Médicale Etat) je peux aller me faire soigner, mais à chaque fois je suis mal reçu, je n’ai pas la patience d’attendre. Et puis, à l’hôpital, ils s’en foutent.

Moi, je suis un alcoolique, j’ai pris du crack pendant plusieurs années quand j’étais en Guyane, mais maintenant ça va.

De la bière je suis passé au vin, parce que c’est mon cher. Et voilà, je reste là, tranquille.

J’aurai besoin de gens gentils avec moi, qui m’écoute et me prenne au sérieux. (…)

 

 

 

3/ Quand ça va pas, je viens à Médecin du Monde. Ca fait longtemps qu’ils me connaissent. C’est mieux ici, je connais les personnes qui travaillent ici, on discute. Et puis quand on me dit de revenir dans 2 jours pour le pansement, je reviendrai, parce que je n’ai pas envie que ça me fasse encore plus mal et qu’on me coupe le doigt.

 

A la Madrague, ça fait deux ans, que l’assistante me dit qu’elle s’occupe de mes papiers. Parce que ça fait plus de 10 ans que je suis là. J’ai fait la Légion étrangère de …. à …. (7 ans dans les années 90).

Et puis c’est là que j’ai commencé avec le crack et je suis partie. Je n’avais plus rien.

Et depuis, je n’ai pas réponse pour mes papiers. J’ai fait de fois refaire mon passeport et à La Madrague on ne me dit rien. Moi, je ne vais pas au consulat du ……, sinon je mets le feu : ça fait deux ans que j’attends mon passeport et on me dit rien.

 

4/ Maintenant ma santé elle est ce qu’elle est, je suis alcoolique mais comment faire, je vis dehors, je n’ai plus de famille. Ouais ma putain de famille là, elle ne s’occupera pas de moi.

Alors comme ça, je reste tranquille, je viens ici me faire soigner, je vais à la Boutique Solidarité laver mon linge. Et puis, j’ai accompagné ce jeune là pour qu’il voit un médecin, parce que ça va pas du tout, il pleure tout le temps, et moi ça me fais chier de le voir comme ça. Il est dépressif, il est jeune et moi je suis un peu comme son papa.

Alors ma santé, moi ça va.

 

 

 

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Des squats adéquats ?

Les situations des personnes malades chroniques et se retrouvant en situation de grande exclusion sont complexes et singulières. Les réponses sont donc, en l’absence de politiques globales efficaces, souvent de l’ordre du bricolage.
Les personnes de la rue bricolent, les professionnels bricolent et les politiques locaux bricolent aussi parfois quand ils font confiance aux savoirs tirés de l’expérience des gens eux-mêmes.

Un des besoins primordial pour ces personnes est de trouver un chez soi pour qu’elles puissent se soigner.

Ainsi les mairies de Toulouse, puis de Marseille, ont légalisé des squats afin de permettre à des projets “intelligents” de voir le jour. Des policiers ont refusé d’expulser des familles. Des juges ont laissé des squatteurs plusieurs années occuper des lieux dont ils prenaient soin et qui  étaient laissés en friche par des grandes entreprises qui spéculaient.
Des accord ont  été trouvés qui arrangeaient les deux parties : propriétaires et squatteurs. Des rencontres, des discussions, un lieu neutre pour permettre l’expression du conflit permettent parfois de sortir par le haut de ces situations complexes.

Ces expériences, de plus en plus nombreuses sur le terrain, ne font pas l’objet d’une attention particulière. Ou bien si. Il s’agit vite d’institutionnaliser l’expérience et de sortir de l’illégalité. Ceci a un bon coté car cela permet aux habitants de sortir de l’insécurité du squat. Mais il y a une question qui reste en suspens. Ce processus de négociation, cette façon nouvelle qu’ont certains squatteurs de réfléchir au vivre ensemble dans la cité et aussi à vivre ensemble sont des innovations sociales. Ces innovations sont rarement perçues comme telles. Pire, elles sont perçues comme un problème alors qu’elles sont souvent des solutions.

Les processus d’émergence et les conditions de possibilité de la négociation sur la question de l’habitat pour des personnes sans chez soi et malades sont pourtant des questions qui demandent des réponses ici et maintenant.
Tout le monde est d’accord sur ce point.

Les squatteurs et les propriétaires sont souvent prêts à la négociation. Ils participent dans certains lieux à la mise ne place de véritables politiques ascendantes.

Il reste que le chemin actuel des politiques publiques est particulièrement descendant: de Paris vers les provinces, des hauts fonctionnaires vers les associations.

Que l’accompagnement à l’institutionnalisation de certains squats puisse être perçu comme une mesure de santé publique est aujourd’hui une réalité pour de nombreux acteurs de terrains et décideurs locaux qui travaillent avec les personnes sans chez soi.
Pour les décideurs nationaux et les hauts fonctionnaires cela reste un non sujet et surement pas une solution. D’un autre coté, la responsabilité de l’Etat sur les questions d’habitat et le nombre des personnes sans chez soi est pourtant reconnue.  La France est le pays d’Europe qui a un des budget les plus importants pour la lutte contre les exclusions et, dans le même temps, les résultats les plus médiocres au vu des sommes investies.

Ces nouvelles façon d’habiter la ville permettent d’encourager une approche pragmatique susceptible, à notre avis, de sauver des vies humaines; il faut donc sortir des visions réductrices.

 

pour plus d’information vous pouvez vous référer aux   textes suivants:

Squat et rue. F. Bouillon (2008)

logement et santé , ce que la folie nous enseigne. Bouillon, Girard, Musso

inégalités de santé et squat thérapeutique. 2008

conférence de consensus 2007, mission squat, Médecins du monde

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Des besoins de recherche et d’évaluation…

Il y a plus de 10 ans, nous écrivions : “De nouveaux dispositifs nous alertent sur l’état de santé et sur les situations d’exclusion du système de soins des personnes, de plus en plus nombreuses, qui les consultent. Ils sont aussi le lieu où, au quotidien, se renouvellent des pratiques professionnelles. Dans la singularité d’une relation individuelle avec un consultant, comment, pour le travailleur social, assurer la continuité d’une couverture sociale et comment, pour le médecin, diagnostiquer les besoins de santé et y apporter des soins adaptés ? Les réponses à ces questions permettent d’accumuler, empiriquement et au jour le jour, de nouveaux savoir-faire qui méritent d’être formalisés, évalués, transmis et enseignés. Il s’agit bien là, en réalité, de délivrer des soins de santé primaire et de renouveler un exercice médical particulier, celui de la médecine de premier recours. Confronté quotidiennement aux contradictions du modèle médical moderne (technologique et spécialisé) et aux effets de la dissociation, institutionnalisée depuis 20 ans, entre le champ sanitaire et le champ social, cet exercice se fait au plus proche des besoins et des conditions de vie des patients. Les structures ainsi crées constituent autant de dispositifs, non pas spécifiques, renvoyant à une médecine de second ordre, mais bien des dispositifs à “bas seuil social”  permettant l’accès aux soins sans condition de couverture sociale et sans avance des dépenses, des “guichets uniques” susceptibles de prendre en charge la situation sanitaire et sociale des personnes qui s’y adressent, des dispositifs ambulatoires allant à la rencontre de populations marginalisées. Ces dispositifs ont l’ambition d’être au plus près des usagers (à la fois géographiquement et en terme de réponse aux besoins exprimés ou révélés) et d’intégrer de façon indissociable une prise en charge sociale et sanitaire. Ils constituent, finalement, une réponse aux inadaptations constatées dans l’organisation de notre système de soins. Il reste que cette inadaptation n’est pas simplement conjoncturelle et transitoire. La prise en compte (c’est-à-dire la coordination, l’évaluation, le suivi, la valorisation, voire le financement et la généralisation) de ces initiatives publiques ou privées, individuelles ou institutionnelles, relève des responsabilités de notre politique de santé.” (Extrait de : Chauvin P, Lebas J. Précarité et santé. Flammarion Médecine-Sciences, Paris, 1998.)

En 2009, qu’avons nous su capitaliser et évaluer ? Quelles recherches restent à mener pour améliorer la santé des personnes vulnérables et notamment des personnes sans chez-soi ? Pour caractériser la diversité de leurs besoins sanitaires ? Pour évaluer les réponses innovantes ? Comment plus et mieux impliquer, mobiliser et donc - aussi - valoriser la recherche dite “académique” et ceux qui se penchent sur ces questions, en particulier dans le champ de la santé (publique) ?

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Visite Lilloise

Lille : rencontre du réseau santé solidarité Lille métropole (www.sante-solidarite.org) et du Dr Roelantd (EPSM Lille Métropole et directeur du CCOMS - centre collaborateur OMS).

Notre visite des structures du réseau nous a tout d’abord permis de valider un certain nombre de points. La diversité des acteurs : pluridisciplinarité, brassage des cultures professionnelles, engagement militant, missions de service public, etc…appelle une nécessaire coordination autour d’un objectif commun porté par un acteur reconnu comme légitime à l’échelle du territoire. Autre point important, la phase de diagnostique doit tenir compte des histoires locales et des dynamiques en jeu. Ces préalables étant acquis, les acteurs Lillois ont mis en place un maillage facilitant l’accès à la santé pour les personnes sans chez soi. Une particularité : forte implication des acteurs de santé mentale avec un réseau porté par un établissement public de santé mentale (EPSM de l’agglomération Lilloise) et une équipe mobile en santé mentale Diogène (première en France) qui dans le cadre d’un inter-secteur assure des consultations au sein de foyer d’hébergement et le lien entre secteur social, somatique et psychiatrique. De plus, la diversité des dispositifs et la richesse du travail partenarial témoigne d’un engagement de toutes les structures que nous avons rencontrés. (L’Abej - photo ci-dessous de l’accueil de jour-, MSL, PASS, Diogène, CMAO, EPSM)

Autre rencontre donc, celle du Dr Roelandt, chef de service EPSM Lille métropole qui a mis en place depuis plus de 30 ans une « psychiatrie …(qui) a intérêt à être laïque et citoyenne, intégrée dans la cité et dans la médecine, tenant compte de la parole des usagers, prônant l’alliance thérapeutique et la relation ».

Cette expérience unique en son genre se déroule sur un territoire de 90.000 habitants, où 150 médecins, infirmières, psychologues et éducateurs s’occupent chaque année de 2.200 patients, en coopération avec les services sociaux, les organismes HLM et les municipalités. Pour l’équipe du psychiatre Jean-Luc Roelandt, l’intégration des patients dans la cité n’a pas qu’une vocation humanitaire, elle a surtout des vertus thérapeutiques. Tout est fait pour que les personnes en souffrance restent dans leur communauté Privilégier le contact humain plutôt que les murs, c’est affirmer aux patients qu’ils n’ont pas perdu leur citoyenneté, qu’ils peuvent se redresser, malgré la maladie. (Le Monde 7/01/09 - dans les suites du discours d’Antony)

Impliquer les élus est une des clés du dispositif. Cela s’appui entre autre sur la mise en place de conseils locaux de santé mentale. Un appui par le CCOMS au développement de ces conseils locaux de santé mentale dans 45 sites urbains avec le soutien de la DIV est en cours. La municipalité Lilloise s’est engagée dans cette démarche. Elle y implique le réseau santé solidarité Lille Métropole, une piste intéressante à suivre pour notre mission.

Pascale Estecahandy - Lundi 29 juin 2009

un matin lillois...accueil de jour de l'Abej

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Historiques des rapports sur la grande précarité/Exclusion en France


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Visite à domicile chez des “sans domicile”

La création de plus de 90 équipes mobiles de psychiatrie précarité (EMPP) suite à la circuaire de décembre 2005 a permit à des soignants d’aller travailler directement dans la rue. Des infirmières et infirmiers mais aussi des psychiatres et quelques médecins généralistes comencent à décrire ces nouvelles façon de travailler. Nombreux sont les soigants qui nous parlent du grand plaisir qu’il ont à travailler hors les murs, das un cadre moins rigide;ils retrouvent une liberté d’action et de pensée que l’institution hospitalière ne permet pas toujours car les régles du jeux sont prévisibles.
Le travail de rue resemble à la visite à domicile. Il permet aux soignants de connaitre les conditions de vie des personnes et de mieux comprendre les logiques, les choix, les comportements. Cette compréhension facilite grandement la construction d’une relation de confiance reciproque.

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Le terme “stigmatiser”: un concept rendant invisible les phénomènes de violence ?

J’usqu’a ma rencontre avec Tim Greacen lors de son audition dans le cadre de la mission j’ai défendu l’idée de la nécessité d’une campagne de déstigmatisation permanente autour de la schizophrénie. Cette position est d’ailleurs défendu par l’OMS et le Centre collaborateur OMS dont je fait parti.
Tim m’a dit : “ce que vivent les personnes, leur expérience subjective ce n’es pas seulement de se voir attribuer un stigmate. C’est bien plus que clea et bien plus simple. Ils vivent des agressions.Ils se perçoivent comme les victimes objective de violences verbales, symboliques, sociales, de classes, et même physique. Les données scientifiques sont claires. Anne lovell le souligne dans une récente revue de la littérature sur le sujet des violences commmises envers les malades. Les personnes aateinte de troubles mentaux ont, par rapport à la population générale 11 fois plus de chances de se faire agresser physiquement, plus de 140 fois plus de chance de se faire voler !!!
Il ne s’agit pas de mettre en place seulement une campagne de déstigmatisation. Il s’agit de mettre une campagne d’information contre cette violence afin de la rendre visible. Il s’agit aussi de pouvoir sensibiliser dans les endroits clés ou cette violence doit se traiter : police et justice. Il s’agit enfin de donner les outils individuels et surtout collectif pour que les personnes puissent mieux se protéger. C’est pour cette raison que les personnes reconnus comme ayant un trouble psychiatrique doivent “faire communauté”: afin d’échapper à cette violence. Quand je dire faire communauté, j’entends s’organiser collectivement afin de se défendre, faire changer les regards et le traitement social réservé aux “fous”.

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Des maisons atypiques pour des personnes atypiques :Freak Houses for Freak people (Danemark)

freaks Brothers

L’expérience Danoise la plus originale est certainement celle des « maisons atypiques pour existences atypiques » (Freak Houses for Freak People). Cette initiative vise des personnes incapables de vivre seules, même avec un soutien, et qui éprouvent des difficultés à vivre dans un foyer ou bien encore qui vivent dans un centre transitoire depuis trop longtemps. Ce sont de petites habitations avec des pièces communes et un « gardien social » qui apporte un soutien pratique.

Les projets rassemblent une dizaine d’habitations. Le loyer y est bas : environ 20 % du montant de l’aide sociale ou de la pension d’invalidité. Lancé depuis 1999, le programme s’étend. Des évaluations effectuées en 2004 et 2006 ont rapporté des résultats positifs conduisant le gouvernement à allouer des fonds supplémentaires pour la construction de nouvelles maisons « atypiques ».

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L’Angleterre:un modèle à suivre?…

Le cas du Royaume-Uni est le plus connu et le plus documenté en France. La stratégie britannique, particulièrement dense et explicite, a fait l’objet de nombreux travaux d’expertise internationale et de visites. La Cour des Comptes y a consacré une annexe de son rapport sur les sans-domicile en 2007. La « rough sleeping initiative » (c’est-à-dire la stratégie à l’égard des sans-abri dans la rue) a fait l’objet d’une revue par les pairs dans le cadre de la méthode ouverte de coordination.
Elle a été présentée lors de la Conférence de consensus organisée en France. Il y a tant à dire que cette page pourra sembler bien insuffisante.
• Il importe de souligner que la politique de prise en charge des sans-abri, sous impulsion et sous évaluation nationales, est très décentralisée dans sa mise en œuvre. Angleterre, Pays-de-Galle, Ecosse, Irlande du Nord ont leur stratégie. C’est même chaque ville qui a sa politique, au premier rang desquelles Londres.
• Le Royaume-Uni a été le premier pays à annoncer des ambitions chiffrées en ce qui concerne la diminution, puis l’extinction du sans-abrisme. Alors qu’il s’agissait à
l’origine (en 1998) de réduire de 70 % le nombre de sans-abri dans la rue, le Premier ministre a annoncé fin 2008 que l’étape suivante était de ramener ce nombre à zéro en 2012 (date des jeux olympiques). 250 millions d’euros supplémentaires ont été dégagés à cette fin, notamment pour l’investissement dans les services.
• Le droit anglais distingue les « sans-abri de rue » (rough sleepers), les « sans-abri statutaires » (ménages reconnus par les autorités comme présentant diverses caractéristiques de précarité et appelant une intervention publique), les « sans-abri non reconnus » (en particulier les sans-abri dits « volontaires »).
• Une « rough sleeping unit » a été mise en place en 1999, dotée à l’origine de 300 millions d’euros pour intervenir principalement à Londres mais aussi dans 33 autres villes (les financements étant fonction des recensements du nombre de sans-abri à la rue). Des équipes (les « CAT », pour contact and assessment teams) ont été mises en place afin d’aller au devant des personnes et de les persuader d’accepter les offres de service. Une grande singularité est le partage du territoire en zones géographiques, ce qui responsabilise les équipes sur leurs résultats.
• Au-delà des sans-abri à la rue, le gouvernement, dans une logique « logement d’abord », se donne pour objectifs de limiter drastiquement le temps de passage par des hébergements. Un des éléments clés de l’action a été de supprimer le recours aux « bed and breakfast » pour les sans-abri. Sur le plan du logement le Royaume-Uni est un des rares pays où les sans-abri (« statutaires ») disposent d’une priorité pour accéder au logement social (priorité mise en œuvre).
• Le Royaume-Uni consacre spécifiquement plus d’un milliard d’euros par an au sans-abrisme. Cet ordre de grandeur est comparable avec le cas français.
• Soulignons que la politique menée a des traits coercitifs prononcés. Dans le cadre de la politique de lutte contre les « comportements anti-sociaux » la mendicité et la consommation d’alcool dans l’espace public sont fortement contraints (quand ce n’est pas totalement interdits). La police est particulièrement mobilisée pour empêcher les personnes de dormir à la rue, en les enjoignant d’accepter les services.

Extrait du document suivant comparaison des politiques européenne de lutte contre le “sans-abrisme” 2009

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